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 La tête dans les nuages, les pieds sur terre... [Libre]

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Cathleen Norton

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Date d'inscription : 21/02/2008

MessageSujet: La tête dans les nuages, les pieds sur terre... [Libre]   Dim 16 Mar - 2:58

Sa tante voulait la tuer.
Oh, pas aussi franchement qu’avec trois pouces d’acier, pas aussi clairement qu’avec une dose d’arsenic, elle ne ferait même pas appel à quelque homme de main armé d’un pistolet. Non, elle agirait plus insidieusement. Elle allait la sortir, la promener, la montrer jusqu’à ce qu’elle ait épuisé non seulement ses forces mais aussi ses nerfs. C’est ainsi que depuis son arrivée, cinq jours plus tôt, Cathleen avait été traînée de boutiques, en salon, en promenades... et présentée à chaque personne qu’elle croisait pour peu que sa tante la connaisse –autant dire tout le monde.
Heureusement, Lili était parvenue à limiter les « dégâts » en prétextant d’abord la fatigue du voyage puis une migraine et elle avait maintenant totalisé deux journées entière d’« indisposition ». Pourtant, la jeune anglaise allait bien devoir se résigner à la suivre plus souvent si elle ne voulait pas passer pour une souffreteuse languissante comme elle en connaissait certaines à Londres, qui se complaisaient dans des malaises aussi fréquents que nombreux, cultivant une image de fragilité aussi exaspérante d’après elle que peu élégante et discrète. Non, il était hors de question que sa tante pense cela d’elle !
Or, donc, une fois de plus, la Comtesse Vizzini avait insisté pour que sa nièce, Lady Cathleen Norton, l’accompagne cet après midi là dans ces pérégrinations autour du boulevard des Italiens. Pérégrinations qui n’avaient pas été aussi loin que prévu : alors qu’elles passaient devant l’un des salons de thé que l’on pouvait trouver par ici, elles étaient tombés sur deux des amies d’Alexandra parmi les plus expensives. Lili savait à quoi s’attendre : elles allaient commencer à discuter, puis l’une d’elles demanderaient à s’asseoir, elles rentreraient donc dans le salon de thé et enchaîneraient chocolat chaud, thé, et une petite pâtisserie (« oh ! Ce n’est pas du tout raisonnable... mais je ne peux jamais y résister ! »)...
Cathleen, qui était partie pour accompagner bon gré mal gré sa tante dans ses emplettes, se résignant à devoir s’adonner aux discussions et politesses inhérentes à toutes les rencontres qu'elles ne manqueraient pas de faire -bien que les espérant aussi courtes que peu nombreuses-, se retrouva donc confrontée à l'iquiétante perspective de devoir passer de longues heures -facilement trois- en présence de sa tante et des deux femmes qui ne manqueraient pas de commenter comme si elle n'était pas présente, sa mise, son attitude et ses chances de faire une union intéressantes à plus ou moins long terme.
La comtesse ne risquait pas de l'aider, aussi Lili devait elle se débrouiller seule pour se sortir de là. Elle avait, heureusement, déjà échaffaudé divers plans. Elle les considérait jusqu'alors comme de doux fantasmes qui l'aideraient à tenir et n'avait pas songé les mettre en oeuvre. La jeune fille, par égard pour sa tante et parce qu'elle venait d'arriver, opta pour le premier sur sa liste : le plus simple et le plus discret. Lili inspira pour se donner du courage, croisant mentalement les doigts pour que ce plan fonctionne.
Se mordillant la lèvre avec hésitation avant de sourire timidement, Cathleen avança d'un pas -elle s'était jusque là modestement tenue en retrait- et prit la parole d'une voix discrète :


- Je vous prie de m'excuser mesdames.

Elle s'adressa à sa tante quand elle fut certaine d'avoir son attention :

- Ma tante, si vous voulez que je puisse vous accompagner au thé de Madame de Chevigné, je dois voir la couturière pour finir les essayages... le plus tôt sera le mieux. Et je dois passer chercher mes cartes de visites avant de rentrer. Peut-être voudrez-vous vous promenez encore un peu avant de rentrer? Je pensais pour ma part rentrer directement ensuite, Marie devait receptionner les rideaux...

Elle avait avancé les arguments qui expliquaient son départ prématuré.Alexandra ne pouvait que se féliciter que Cathleen exprime son accord pour assister à cette sortie, aussi ne devrait-elle pas faire trop d'objections à la décision de Lili de rejoindre l'échoppe. Dans la même idée, son empressement à récupérer les cartes -qu'elle attribuerait à son envie de se débarrasser de la corvée- ne pouvait que la satisfaire : plus vite elle les aurait, plus efficace elle serait dans ses visites. Pour finir, Marie, la chambrière, aidait la jeune fille à aménager ses appartements et Alexandra estimait que les travaux devaient être supervisés par une personne censée. Toutes ces excuses avaient donc été mûrement réfléchies.
Pourtant, elle constata la lueur d'incertitude qu'elle avait prévue, dans le regard de la Comtesse. Elle savait déjà ce qu'elle allait lui dire : qu'elles ne pouvaient pas se séparer -ce ne serait ni raisonnable ni convenable. Mais elle avait prévu le coup.


- Le magasin de la couturière est à cent mètres à peine et je ne doute pas qu'elle accepte de me faire appeler un fiacre jusque chez monsieur Didot. Lui même ne me refusera certainement pas la même courtoisie et je serais arrivée à la maison avant même que votre thé ne soit infusé. Je dirais à Pierre de venir vous chercher avec la voiture.

Il lui fallut bien chasser un élan de culpabilité à l'idée de laisser sa tante à la merci des deux femmes, mais elle écarta bien vite ce scrupule superflu : sa tante risquait fort de s'ammuser comme une petite folle!
Elle interrogea cette dernière du regard en lui souriant doucement. Comme elle le pensait, sa tante voulut bien se rendre à ses raisons, mais elle ne s'attendait pas à un tel enthousiasme. Elle se tourna vers ses amies.


- Oh! Ne vous l'avais-je pas dit que ma petite chérie pensait à tout? Elle est si réfléchie, prévoyante et attentionnée! Tout à fait ce qu'il faudrait à ton neveu, Henriette : un peu de jugeotte derrière un joli visage.

Cathleen devint écarlate.

- Je vais vous laisser ma tante...

Elle embrassa légèrement la joue poudrée que celle-ci lui tendait et offrit une révérence aux deux amies d'Alexandra, qui la regardaient avec une complaisane indulgence -que la jeune Anglaise savait ne devoir qu'à sa tante.

- Mes dames... J'espère vous revoir très bientôt.

Et avec un dernier sourire discret, elle prit délicatement les plis de sa jupe dans sa main droite et s'éloigna comme les trois femmes entraient dans l'établissement.
Comme elle l'avait dit, Cathleen se rendit chez la couturière. Il faut toutefois préciser qu'elle ne s'y attarda pas plus que nécessaire... Elle prit d'avantage de temps chez l'imprimeur qui chargea son assistant de lui faire visiter les installations quand il nota son intérêt. Après avoir invité la jeune fille à revenir une autre fois si elle voulait, Monsieur Didot lui appela un fiacre et Cathleen put prendre la direction de la maison de sa tante.
La comtesse Vizzini résidait en l'île Saint-Louis, dans l'Hôtel dont feu son époux lui avait légué la jouissance en viager, en sus d'un douaire substantif -qui venait s'ajouter à ceux de ses mariages précédents. Alexandra était veuve -pour la quatrième fois- depuis maintenant près de trois ans. Alessandro, le comte Vizzini, et elle n'avaient été mariés que pendant quelques mois. La tante de Cathleen se vit ravir son époux dans des circonstances tragiques... un duel... Mari jaloux. En effet, le quatrième mari d'Alexandra avait eu... une jeunesse mouvementée, avant de tomber éperduement amoureux de la veuve de feu son mentor -le baron Varrieu, troisième conjoint d'Alexandra. Vous l'aurez compris, Alexandra elle-même avait eu une vie bien remplie. Pourtant, à 58 ans, la quatre fois veuve avait encore le pied léger et l'air avenant, plus d'un se serait laissé prendre à une romance et elle ne se cachait pas de son idée de se remarier si elle rencontrait à nouveau l'amour!
Secouant la tête avec un sourire indulgent, elle remarqua enfin que la voiture était arrêtée. Cela faisait en fait quelques minutes que le véhicule était immobile, soulevant le rideau d'une main, Lili put constater qu'un charrette renversée bloquait la voix à l'entrée de la rue des Deux-Ponts, le fiacre se retrouvait coincé au bout du pont Marie. Plusieurs domestiques en livrée s'étaient rassemblés pour tenter de dégager la rue le plus vite possible. Estimant qu'il faudrait un certain temps avant que la voix ne soit pratiquable, elle se leva dans l'habitacle et frappa au paneau pour attirer l'attention du cocher.


- Je vais descendre ici, merci beaucoup.

Elle attendit que l'homme lui ouvre la portière et lui paya la course avant de rejoindre le trottoir. L'hôtel particulier se trouvait un peu plus loin à l'intérieur de l'île et bien qu'il ne soit pas des plus adaptés pour une jeune fille de se promener seule, sans chaperons -pas même une servante-, Lili jugea qu'elle pouvait bien parcourir quelques centaines de mètres sans encourrir le déshonneur. Marcher un peu, après les longues heures passées surccessivements dans des boutiques saturées de parfums, l'imprimerie à la forte odeur d'encre et de papier, la rue aux odeurs spécifiques.... lui ferait le plus grand bien. Ici, l'entretien des rues et chaussées était nettement plus rigoureux que n'importe où ailleurs. A Paris comme à Londres, chacun savait à quoi s'en tenir.
Tandis qu'elle avançait en tenant les plis de sa jupe, la jeune brittanique regardait devant elle pour surprendre un éventuel obstacle. Pourtant, presque malgré elle, elle se retrouvait fréquemment le nez en l'air. Elle s'absorbait dans la contemplation des bâtiments, arbres et réverbères, notant le moindre détail intéressant, amusant, ou simplement remuant, trouvant de l'inspiration jusque dans les panaches qui s'échappaient des cheminées des résidences alentours pour venir serpenter dans le ciel brillant de ce moins de février. Le visage levé vers les nuées, les joues rougies par la fraîcheur de l'air Cathleen avançait d'un pas lent et souple, oubliant un peu qu'elle pouvait ne pas être la seule à se promener dans les parages en cette fin d'après-midi.




(HJ- Euh... Je pense que je ne ferais peut-être pas aussi long par la suite... -_-')
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Octave de Mercoeur



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MessageSujet: Re: La tête dans les nuages, les pieds sur terre... [Libre]   Lun 24 Mar - 14:33

Octave revenait du bureau de son comptable, qui se trouvait sur l'Ile Saint Louis. Comme chaque semaine, les deux hommes avaient rendez-vous afin de s'entretenir de quelconques affaires financières... Ces visites ne passionnaient pas vraiment le jeune homme mais il devait tout de même se tenir un minimum au courent de ce qui se passait en bourse. Il aurait grandement préféré passer son après-midi à assister à une pièce de théâtre ou encore sortir avec des amis. Mais le comte de Mercoeur n'avait pas eut le choix…Il avait quelques devoir qu'il se devait d'accomplir. De plus aujourd'hui, l'entrevue était des plus importante. En effet, Octave n'avait pas que des gentillesse à dire à cet employé…et on ne pouvait pas dire que l'entrevue s'était bien déroulée pour ce dernier… Le jeune homme avait remarqué la veille, en consultant quelques papiers que ce petit bourgeois n'avait aucun scrupule à se servir sans en informer qui que se soit sur les bénéfices que rapportaient des actions qu'Octave avait acheté l'année précédente pour une bouchée de pain à une famille de Paris proche de la ruine. Il en avait été grandement surprit car il pensait son comptable honnête étant donné que cela faisait près de cinq ans qu'il s'occupait des affaires de la famille Mercoeur…Mais il s'en avérait tout autrement…
De plus, l'attitude de l'homme n'avait fait qu'aggraver les choses…En feignant l'innocence et l'incompréhension, il n'avait réussi qu'a s'attirer le courroux du comte. Et lorsqu' Octave de Mercoeur est en colère, il faut mieux ne pas se trouver dans les parages…Le jeune homme était connu à Paris pour son calme légendaire mais aussi pour ses terribles emportements…bien que ces derniers soient plutôt rares.

Octave était un jeune homme plutôt tolérant mais il ne supportait pas qu'un homme puisse ainsi essayer de le rouler. Sa colère face aux explications peu convaincantes du comptable avait été terrible…Il faut dire que le jeune homme avait un don pour intimider ses interlocuteurs lorsqu'il le désirait, que se soit ses employés comme des membres de la noblesse. Le nom des Mercoeur était craint car l'influence de cette famille ne faisait que croître ces derniers temps. De plus, la carrure du jeune homme et son air perpétuellement sévère lorsque des intérêts étaient en jeu ne faisait qu'accroître ce sentiment. Octave se plaisait à cultiver autour de lui cette image d'homme d'affaire ambitieux. Cependant, ce n'était rien de plus qu'un masque que le comte de Mercoeur portait en société. Dans les rues de paris, il n'était plus compte…simplement Octave…rien de plus qu'un passant.

Enfin, il avait obtenu le remboursement du préjudice et prévoyait de se mettre prochainement à la recherche d'un autre comptable. C'est donc plus ou moins satisfait qu'il se rendait à son Hôtel, sur l'île de la Cité.
Il avait décidé de rentrer à pied, afin de profiter un peu de l'air frais. D'ailleurs, il avait quelques emplettes à faire sur le chemin.

Un beau soleil de printemps brillait sur la capitale, bien que quelques nuages le masquait de temps en temps. La fraîcheur de cette fin d'après-midi était des plus agréable…Octave aimait beaucoup ce temps…si variable…un peu comme sa personnalité au fond…
Le jeune homme avançait d'un pas plutôt rapide dans les petite ruelles, évitant volontairement les endroits trop fréquentés à cette heure .où tous Paris se pressait pour faire leurs emplettes. Octave arriva bien vite à une rue complètement barrée. En avançant, il remarqua qu'une charrette empêchait le passage. Sans y prêter plus d'attention que cela, il continua son chemin, jetant tout de même un coup d'œil de temps en temps pour savoir comment à allait se terminer l'affaire. Les esprits commençaient déjà à s'échauffer, il ne suffirait d'un rien pour que l'incident dégénère en bagarre collective. Les gens était bien susceptibles des fois…
Et ce qu'avait pressentit le jeune homme ne manqua pas de se produire . Le conducteur de la charrette et un cochet en venait au mains…Il valait mieux ne pas trop traîner dans le coin…

Alors qu'il continuait son chemin, Octave percuta une passante de l'épaule. La voix était tellement encombrée qu'il n'était pas parvenu à l'esquiver. Sous le choc, la jeune femme fut bousculée assez violemment. Par chance, le jeune homme avait de bons réflexes et la rattrapa de justesse avant qu'elle ne tombe au sol. Puis, il entreprit de s'excuser…


_Oh! Je suis navré Madame…, commença le jeune homme sur un ton légèrement inquiet. Je ne vous ai pas fait mal j'espère…

Il offrit un sourire navré à la demoiselle en guise d'excuse. Puis,se rendant compte qu'ils ne connaissait pas la jeune femme, il présenta.

_Octave de Mercoeur. Ravi de vous rencontrer mademoiselle.

Tout en disant cela, il l'aida à s'écarter un peu de la foule qui se faisait de plus en plus revendicatrice…


[J'espère que je ne vous dérange pas très chère^^
Mon post me parrait bien médiocre après le tiens...Mais je n'arriverais pas à faire mieux^^ Désolée]
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Cathleen Norton

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MessageSujet: Re: La tête dans les nuages, les pieds sur terre... [Libre]   Jeu 3 Avr - 12:39

Quand elle était enfant, Lili avait –douloureusement- appris qu’il valait mieux regarder où l’on marchait. Pourtant, il lui fallut un certain temps (et un certain nombre de bleus) avant de se résigner à sortir son nez des nuages de temps en temps pour se concentrer sur là où elle mettait les pieds. Sa grand-mère l’aida beaucoup en cela. Après tout, elle la convainquit plus ou moins de garder la tête baissée pendant près de dix ans, alors… Tout cela ne la priva néanmoins jamais de cette habitude –quelque peu imprudente- de regarder un peu trop autour d’elle et pas assez devant elle. Fût-ce le fruit de ses expéditions clandestines ou celui de son seul esprit un peu trop rêveur pour entendre tout à fait raison, toujours est-il que Lili ne regardait pas assez où elle mettait les pieds.
Elle n’aurait cependant jamais cru que ce serait au point de ne pas voir un mur pousser sur son chemin. C’est ainsi qu’elle interpréta la situation dans un premier temps. Jusqu’à ce que le mur la rattrape. Elle n’avait guère eut l’occasion de s’inquiéter de sa chute imminente mais fut rétrospectivement soulagé que l’inconnu ait été là pour la rattraper –elle ne songea pas sur le moment qu’elle n’aurait peut-être pas eu besoin d’être rattrapée si ledit inconnu n’avait pas été là pour la bousculer^^’. Le « mur » s’excusait. Mais il n’y était pour rien : c’était elle qui ne regardait pas où elle allait ! Elle rougit légèrement en reprenant son aplomb et leva les yeux sur l’homme qui la tenait encore tout en lui offrant un sourire des plus admirables. Elle s’efforçait déjà d’enregistrer le moindre détail de ce superbe visage pour tenter d’en redessiner les traits dans ses carnets dès son retour. Il lui fallut quelques secondes, le temps que l’homme l’entraîne hors du passage pour qu’elle reprenne suffisamment ses esprits pour réaliser qu’il s’était présenté.
Sa grand-mère, feue la Comtesse lui avait toujours enseigné qu’une Lady se devait de se montrer pondérée et imperturbable en toutes circonstances. Une jeune fille comme elle se trouvant dans ce genre de situation se devait de réagir comme si de rien n’était, comme si tout était prévu. Si la conversation s’engageait, elle devait se comporter de façon aussi naturelle que si elle se fut trouvée en son salon autour d’une tasse de thé. Mais le fait était que la Comtesse n’avait pas abordé le cas où ladite jeune fille rentrerait dans les gens parce qu’elle regardait un nuage… Elle n’avait sûrement pas envisagé cela comme possible. Lili conclut donc de passer à la suite. Après tout, les circonstances importaient peu : il suffisait de se comporter poliment comme au cours de n’importe quelle rencontre courtoise. Sans prêter attention à la mèche de cheveux qui avait profiter du choc de leur rencontre pour s’échapper de sa coiffure, elle sourit poliment et inclina gracieusement la tête.


- Cathleen Norton, je suis moi-même enchantée, Monsieur.

Son accent devait trahir son origine étrangère, et elle ne pouvait qu’espérer qu’il n’ait pas entendu parler de la récente arrivée de la nièce de la comtesse Vizzini. Elle qui n’aspirait qu’à passer inaperçue ce n’était pas en percutant le tout-Paris qu’elle y arriverait ! En plus… Octave de Mercoeur… Mercoeur… Ce nom lui disait quelque chose… Sa tante avait du lui en parler. Mais sa tante lui disait tellement de choses, lui parlait de tant de monde ! Bon ! Elle conterait sur la chance ! Peut-être aurait-elle la bonne fortune d’être oubliée sitôt qu’il se serait éloigné ! Ce ne devait pas être le souhait de beaucoup de jeunes filles…
Mais bien que ne souhaitant pas être remarquable, elle ne voulait pas se montrer impolie. Sa salutation, globalement sommaire, convenait-elle ? Elle décida que oui. Et puis, étant données les circonstances particulières et vu qu’ils n’avaient pas été présentés formellement, on lui pardonnerait sûrement de ne pas observer rigoureusement les subtilités de la discutions mondaines dont les variations dépendaient de tant de choses –y compris le statut des interlocuteurs et leur rang- que pour l’heure, elles devenaient superflues.
Faisant mentalement un inventaire sommaire pour s’assurer que tout fonctionnait bien –sa cheville tirait un peu car elle se l’était tordue, mais rien de bien insupportable -, Lili lança un coup d’œil par dessus son épaule pour voir ce qui se passait. Apparemment, l’encombrement qui l’avait encouragée à marcher jusque chez sa tante semblait plus conséquent que ce qu’elle avait estimé. Elle suivit le jeune homme en lui adressant un timide sourire qui exprimait sa contrition et répliqua.


- Je suis désolée, j’aurais du prêter attention à ce qui se passait alentour..

La Comtesse aurait sûrement estimé qu’il était de bon ton à présent de s’excuser, de saluer élégamment puis de continuer son chemin imperturbablement. Mais Cathleen étant ce qu’elle était, avec son caractère curieux et ouvert… Tout en conservant son attitude réservée elle examinait discrètement son interlocuteur comme pour jaugé de son caractère –sans cesser de suivre ce qui se passait dans la rue autour d’eux : une fois lui avait suffit^^’-.
Il était parfait physiquement, mais sa pratique du dessin lui avait appris à ne pas se contenter de ce qu’elle voyait. Elle voulait plus. Quand elle dessinait, ce n’était pas seulement du « beau » qu’elle cherchait. Après tout, qu’était la beauté sinon une norme de proportions et de teintes ? Lili avait donc renforcé son jugement : elle voulait du beau et autre chose. Ce
je ne sais quoi qui donne toute son émotion à un dessin, qui fait vibrer le spectateur, qui fait battre le cœur de l’auteur… Au moins, la jeune Anglaise voyait facilement de l’intérêt aux choses et aux gens. Ce n’était qu’une question de temps avant qu’elle n’ait trouvé ce qu’elle cherchait… quoi que ce soit : elle le reconnaîtrait quand elle l’aurait saisi. Et ce n’était pas son envie d’anonymat qui la ferait fuir !




(Mais je vous en prie! Vous ne me dérangez pas le moins du monde, bien au contraire!^^
Ton post est parfait! Mon premier n'était pas meilleur : juste plus long [merci le dictionnaire des synonimes!^^] alors pour ce qui est de la prétendue médiocrité de ton message, elle me semble un peu exagérée^^
J'espère que le mien convient, sinon tu n'as qu'à le dire... voili voilou!)
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Octave de Mercoeur



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MessageSujet: Re: La tête dans les nuages, les pieds sur terre... [Libre]   Mar 8 Avr - 15:56

Octave sourit à la jeune inconnue, qui n'en était plus une maintenant qu'elle s'était présentée. Le comte de Mercoeur connaissait beaucoup de monde à Paris, pourtant, il n'avait encore jamais entendu parlé de la famille Norton...Intrigué, il se promit de se renseigner sur le sujet en rentrant sur l'Ile de la Cité. Le jeune homme n'aimait pas se retrouver face à des personnes dont il ignorait complètement la réputation...Il n'avait pas la moindre idée de qui il avait à faire, ce qui pouvait s'avèrer grandement déstabilisant. De plus, il était dans ce genre de situation beaucoup plus aisé de se retrouvait dans une position délicate, ou d'aborder un sujet sensible sans le vouloir...La régle d'or était alors de se faire le plus discret possible. Cependant, ce n'était pas dans les habitudes d'Octave. Et puis, cets civilités n'a vraiment d'importance que dans les affaires et les mondanités. Ici, au milieu de la rue, bon nombre de convenances avaient déjà été bousculées. Alors pourquoi ne pas dégoger à quelques régles d'usages suplémentaire? Au point où il en était, il pouvait bien se passer des conventions, non?

Le jeune homme répondit à sa présentation par un bref salut de la tête. Il voyait bien que Cathleen était occupée à regarder si elle était en un seul morceau! En tout cas, la jeune femme ne devait pas avoir grand chose de grave puisqu'elle tenait debout. C'était déjà pas mal^^. Il lui demanda donc, plus pas courtoisie que pas véritable inquétude:


_Etres-vous blessée Mademoiselle Norton? Sinon, je peux aller vous chercher un fiacre si vous le voulez. Votre cheville ne doit pas être en très bon état après un tel choc...Il ne serait pas très résonable de reprendre tout de suite votre chemin à pied.

Octave n'avait pas l'impression d'être très bien placé pour donner ainsi des conseils à une inconnue... Après tout, elle était assez grande pour juger par elle-même si elle était en état de reprendre sa balade ou non. Cependant, bien qu'il ne saurait dire pourquoi, il se sentait responsable de la situation dans laquelle elle se trouvait. C'était en partie de sa faute si il l'avait bousculer...Certes, Cathleen regardait les nuage...mais lui n'était pas non plus très attentif à ce qui se passait autour de lui non plus...De plus, il ne devait pas être très agréable pour une demoiselle de bonne famille de se retrouver ainsi en compagnie d'un homme ...surtout qu'elle ne parraissait pas savoir qui il était...

D'ailleurs, il n'aurait pas étonné que la jeune femme le traite de malhautru...Les nobles se permettaient beaucoup de choses...Cependant, cela ne semblait pas être la cas de Cahleen. Elle n'avait pas l'air de lui en vouloir pour cette bousculade... Au contraire, la jeune femme affirmait même que c'était elle la fautive. Cette remarque tira un nouveau sourire à Octave. Sur l'instant, il apprécia beaucoup la simplicité avec laquelle la demoiselle prenait la situation, comme si tout lui parraissait naturel. Il s'appréta à la contredire, lui assurer que lui-même devait être distrait pour ne pas l'avoir éviter... Il croisa le regard de la demoiselle qui semblait l'observer...comme si elle chercher à graver dans sa mémoire ce qu'elle voyait! Octave hausa un sourcil surprit mais n'accorda pas plus d'importance que cela à ce détail...Il devait sûrempent ce faire des idées. Et puis, même si c'était vrai, ce ne serait pas la première fois qu'une femme trouve quelques charmes à ce jeune homme...Et oui, il était de notoriété publique que les beaux yeux du comte ont fait chavirer bien des coeurs. La réputation d'Octave sur le sujet n'était plus à faire...En tout cas, il n'aimait pas du tout qu'on le fixe ainsi...
Sans la quitter des yeux, il chercha quelque chose à dire...

Soudain, un détail lui revint en mémoire sans qu'il ne sache vraiment pour quelles raisons...La façon de parler de la demoiselle lui rappelait étrangement quelque chose...Il était certain de l'avaoir déjà entendu quelque part...Mais tout cela était tellement vague...Il réfléchit encor un instant, puis, aussi brusquement, il fit le rapprochement! Oui! La jeune femme avait un accent...Mais pas n'importe quel accent! C'était un accent anglais à n'en pas douter! Octave avait rencontrer il y a peu une de ses cousines qui, justement était anglais et avait la même façon de parler... Il lui demanda donc une confirmation... pour instaurer la conversation...et, par la même occasion mettre un therme à cet examen qu'il avait l'impression de subir.


_J'ai remarqué tout à l'heure que vous avez un accent. Seriez-vous anglaise mademoiselle? Je ne voudrais pas me montrer curieux, cependant, cela expliquerait en partie la raison pour laquelle je n'ai encore jamais entendu parler de vous.

[Merci pour ce joli compliment^^
Et bien sur que ton post me va Wink ]
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Cathleen Norton

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MessageSujet: Re: La tête dans les nuages, les pieds sur terre... [Libre]   Sam 12 Avr - 20:13

Face à l’empressement du jeune homme à son égard, Cathleen ne pouvait étouffer une certaine gêne. Elle n’avait pas l’habitude qu’on se préoccupe autant d’elle, déjà parce que ce n’était pas une petite entorse qui l’arrêtait, et surtout parce que ses parents ne se faisait pas trop de soucis pour elle –ils étaient parfois un peu trop soucieux de leur amour pour s’occuper de ce qui les entourait-, sa grand-mère ne s’était jamais inquiétée pour elle –sa petite-fille n’avait pas à chercher à se montrer intéressante-, son frère… eh bien son frère. Restait sa tante. Elle semblait d’avantage s’occuper d’elle, mais elle avait aussi sa vie, et il arrivait un moment où c’était Lili elle-même qui tentait de se faire oublier. Aussi sourit-elle timidement, d’un air qui se voulait nonchalant avant de répondre d’une voix rassurante.

- Non non, tout va bien. Je vous remercie mais je réside tout près…

Elle indiqua une vague direction derrière elle d’un geste flou de la main. Lili avait pris grand soin de ne pas parler de sa tante. Si son nom n’avait éveillé aucun écho chez Monsieur de Mercoeur, celui de sa tante en revanche… Elle le regardait plus simplement maintenant. La patience est une vertu, on le lui avait toujours dit. Ce qu’elle cherchait à découvrir chez son interlocuteur n’avait pas besoin de sa vigilance pour exister. Inutile d’attraper une conjonctivite à force de le fixer ! Il suffisait d’espérer avoir de la chance…
Elle revint au présent. Le jeune homme avait reconnu son accent. Elle ne s’en étonnait pas véritablement. Mais elle avait espéré en montrer le moins possible. Moins on en sait, moins on en a à oublier ! Aussi son éternel soucis d’inconsistance ne pouvait-il que souffrir de cet état de fait. Elle se résigna rapidement. Elle ne devait pas être le seul sujet de sa gracieuse majesté George IV à arpenter les rues de la capitale Française. Alors qu’est-ce que ça pouvait bien faire ? Ce n’était pas comme si elle allait marquer son esprit ! Ayant pesé le pour et le contre, elle décida de répondre. Après tout, elle n’allait pas le laisser dans l’incertitude –au risque de l’intriguer plus que nécessaire ! Elle sourit poliment et reprit de sa voix douce et modeste :


- En effet, vous avez une oreille très sûre Monsieur. Je suis effectivement Britannique. Je suis arrivée il y a quelques jours seulement dans cette magnifique ville qu’est Paris, aussi je vous prierais de bien vouloir m’excuser si d’aventures mon accent égratignait la langue qui est la vôtre.


Elle ne se faisait pas trop de soucis à ce sujet, ayant étudié le Français dès son plus jeune âge. Mais comme le disait l’adage, mieux valait prévenir que guérir. Et son accent en effet changeait la langue de Molière, les mots s’arrondissant, les intonations s’allongeant et les phrases coulant de sa bouche avec la fluidité qui lui venait de sa langue maternelle. Pourtant, elle ne craignait pas d’en devenir incompréhensible : sa mère avait eu le temps de lui indiquer les pièges dans lesquels ne pas tomber quand elle était plus jeune.
Tout en parlant, elle faisait discrètement tourner sa cheville douloureuse sous son ample jupe, tentant un peu naïvement de la « dégripper ». Il ne manquerait plus qu’elle se mette à boiter en pleine rue ! Déjà enfant, Lili ne supportait pas de montrer une quelconque faiblesse. Ce n’était pas aujourd’hui, devant un inconnu, dans un pays étranger, près de chez sa tante qu’elle allait se faire remarquer de la sorte ! Refusant de se résigner, elle tirait sur l’articulation, réprimant son agacement. Mais c’est que ça faisait mal ! Elle avait certes connu pire mais bon, ce n’était jamais agréable.
Décidant de s’accorder un peu de temps avant de renoncer, elle reposa son pied au sol, s’appuyant précautionneusement sur sa jambe et demanda avec intérêt mais sans curiosité superflue :


- Mais… Vous connaissez tout ceux qui parcourent cette ville, monsieur de Mercoeur ? Pour qu’une simple jeune fille ne puisse vous être inconnue sans qu’elle soit arrivée récemment ?

Après tout, elle-même ne connaissait pas tout le monde à Londres. Enfin, elle connaissait le cercle de feu la Comtesse, et elle connaissait de nom tous les membres de la haute société londonienne… Et elle connaissait aussi les milieux interlopes de la capitale anglaise. Mais bon… Il devait y avoir plein de gens qu’elle ne connaissait pas ! Elle planait d’ailleurs sur cela dans ses sorties clandestines. Si chacun avait connu tout le monde dans sa ville, ses petites excursions auraient été bien plus risquées qu’elle ne l’étaient déjà ! C’est pourquoi elle avait posé la question. Si Octave de Mercoeur avait entendu parler de tout le monde, il serait le premier auquel elle devrait faire attention dans sa nouvelle vie parisienne.
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MessageSujet: Re: La tête dans les nuages, les pieds sur terre... [Libre]   

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La tête dans les nuages, les pieds sur terre... [Libre]
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